À Prats-de-Mollo, Denis Visellach s’apprête à passer le relais à sa fille Laura. Une nouvelle génération, un nouveau projet, mais la même envie de faire vivre une maison familiale presque centenaire.
« Pour ce nouveau numéro, Denis et Laura Visellach nous emmènent à la découverte de La Masou, la fromagerie de Stéphane et Sofia, sur les hauteurs de Prats-de-Mollo. Une rencontre qui raconte aussi leur propre histoire : celle d’une cuisine attachée à son territoire, à
ses producteurs et à la transmission.
Alors que Denis s’apprête à passer le relais, Laura entend bien préserver ces liens tissés au fil des années. » 
Il y a des maisons que l’on ne quitte jamais vraiment. Au Bellavista, à Prats-de-Mollo, l’histoire s’écrit en famille depuis bientôt un siècle.
Denis Visellach en aura longtemps tenu les fourneaux. Formé dans de grandes maisons, du Petit Nice à Marseille à l’Oustau de Baumanière aux Baux-de-Provence, il revient en 1986 reprendre l’affaire familiale.
Avec Patricia, son épouse, il en fait une adresse reconnue pour sa cuisine catalane, attachée aux saisons et aux producteurs du territoire. Une cuisine qui lui vaut notamment un Bib Gourmand et quelques plats devenus signatures, à commencer par son civet de homard au vieux Banyuls, avec lequel il décroche en 1994 le titre de Meilleur cuisinier des Pyrénées.
Quarante ans plus tard, l’heure de la transmission approche. Et la suite porte un prénom : Laura. À 32 ans, la fille de Denis n’avait pourtant pas imaginé reprendre un jour la maison familiale. Après un bac littéraire et un premier parcours loin des fourneaux, elle revient travailler un an auprès de son père avant de comprendre que son territoire à elle sera la pâtisserie.
Elle part apprendre ailleurs, et passe près de cinq ans à La Table des Merville, où elle affine son goût pour le dessert à l’assiette. Lorsqu’arrive la question de l’avenir du Bellavista, l’évidence finit par s’imposer. “Cela me faisait mal que ce soit vendu à quelqu’un d’autre”, confie-t-elle. Laura sera la troisième génération.
Mais transmettre, ici, ne signifie pas reproduire. Au printemps 2027, le restaurant laissera place à Madeleine, une pâtisserie-salon de thé baptisée ainsi en hommage à son arrière-grand-mère. L’hôtel et le bar resteront, tandis que la table évoluera vers un lieu ouvert du petit déjeuner au goûter, avec une véritable formule pour déjeuner et, surtout, des desserts servis à l’assiette. Denis sera encore là, les premiers temps, pour accompagner l’ouverture.
Laura veut apporter la marque de sa génération sans effacer celles qui l’ont précédée : moins de sucre, davantage de légèreté, des jeux de textures, des créations plus modernes, et une gamme sans gluten ou une sans lactose. Mais elle entend aussi faire renaître les souvenirs gourmands du village, comme le Pratéen, ce gâteau moelleux aux amandes que les habitants lui réclament déjà. Et surtout, elle conservera l’un des principes chers à son père : travailler avec les producteurs du territoire. “Si nous ne le faisons pas, nous, qui le fait ?” résume-t-elle.
Denis lui transmet donc bien davantage qu’un établissement : une maison en ordre de marche, une clientèle, des producteurs, une histoire et la liberté d’en écrire la suite. Au Bellavista, bientôt Madeleine, la relève ne ressemble pas à une fin. Plutôt à une nouvelle recette de famille.
Restaurant RELAIS DE SCEAURY
1, rue du Centre – 66720 RASIGUÈRES
T. 04 68 63 33 42
lerelaisdesceauryrestaurant.eatbu.com

























