Depuis vingt ans à Perpignan, des centaines d’enfants vivent leurs premières émotions de cuisine comme les grands. Parrainée pour sa 20e édition par les frères Pourcel, figures majeures de la gastronomie française, l’opération Mini Toques s’est imposée comme un rendez-vous structurant de l’éducation au goût. Sensibilisation au bien-manger, découverte des produits locaux, apprentissage de la saisonnalité : le concours transmet bien plus que des techniques culinaires. Porté par le SYM PM, soutenu par les Toques Blanches du Roussillon et des partenaires engagés, l’événement fédère institutions, chefs, producteurs et familles autour d’une même ambition : former des générations conscientes de leur alimentation et fières de leur territoire.
Travailler la saisonnalité et les produits locaux
L’histoire débute en 2006. Le concours naît d’une volonté politique claire : décliner localement une initiative nationale en l’ancrant dans les réalités agricoles du territoire. “Nous avons lancé ce challenge pour faire connaître les fruits et légumes locaux et travailler sur la notion de saisonnalité”, rappelle Robert Raynaud, président du SYM PM. Il salue l’impulsion fondatrice donnée par Marie-Thérèse Sanchez-Schmid, à l’origine de la création du concours à l’échelle locale. Vingt ans plus tard, le bilan est éloquent : 17 communes mobilisées et plus de 3000 enfants sensibilisés. “C’est aujourd’hui le seul syndicat à organiser ce type d’événement à l’échelle départementale. Nous voulions donner une dimension particulière à ce vingtième anniversaire.”
Un outil territorial au service du bien-manger
Pour Robert Raynaud, Mini Toques dépasse largement le cadre d’un concours culinaire. “Ce challenge reflète pleinement l’identité Pyrénées-Méditerranée. Nous avons construit un partenariat local fort et sincère.” Au cœur de cet écosystème figurent les Toques Blanches du Roussillon, partenaires historiques de l’opération. Aux côtés des jeunes candidats, elles incarnent l’excellence gastronomique régionale et la transmission des savoir-faire. Le réseau s’étend aux producteurs et entreprises du territoire, à la Chambre de Commerce et d’Industrie ainsi qu’aux médias locaux. Chaque édition renforce cette dynamique collective. “Notre politique du bien-manger fait partie de notre ADN. Les Mini Toques sont à la fois un outil de sensibilisation et de valorisation de tout un territoire.” Les parrains associent désormais systématiquement un chef Toques Blanches et un producteur local, illustrant le lien direct entre agriculture et gastronomie.


Cémoi, partenaire de la 20e édition anniversaire
Pour cette édition symbole, le chocolat s’impose comme ingrédient obligatoire des épreuves. Un choix cohérent avec la mobilisation du groupe Cémoi, acteur majeur du chocolat en France et partenaire de cette 20e édition. La collaboration illustre la volonté du SYM PM d’associer des entreprises de référence à une démarche pédagogique exigeante. Ateliers, découvertes de savoir-faire et immersion dans la filière complètent l’expérience proposée aux enfants. “Le partenariat avec des producteurs et des entreprises locales donne une cohérence forte à l’événement”, souligne Robert Raynaud.
Une mobilisation croissante des familles et des équipes éducatives
Au fil des années, le concours a changé d’échelle. “Les jeunes sont de plus en plus impliqués, mais aussi les parents, les enseignants et les animateurs. La transmission se fait naturellement.” Les finales rassemblent désormais un public nombreux, transformant la compétition en véritable temps fort collectif. “On découvre chaque année un nouvel engouement. Cela renforce le concours et lui confère une dimension nouvelle.”Chaque gouvernance a enrichi le dispositif : journées de cohésion, rencontres chez les producteurs, nouveaux formats d’épreuves, ouverture à de nouveaux publics.
Des trajectoires inspirantes
Parmi les souvenirs marquants, le président évoque le parcours d’une jeune candidate de Canet, double lauréate consécutive. “Elle est arrivée très timide. Les chefs ont été impressionnés par son autonomie et sa maîtrise.” Interrogée sur son avenir, la jeune fille confie ne pas vouloir devenir cheffe et préfère garder la cuisine comme passion. Invitée l’année suivante à rejoindre le jury, elle incarne pleinement l’esprit Mini Toques : confiance acquise, plaisir partagé et transmission réussie.
Les frères Pourcel, parrains d’une édition symbole
Pour marquer cet anniversaire, Jacques et Laurent Pourcel deviennent parrains de l’événement. “Ils représentent l’excellence et le savoir-faire. Ils ont été formés par un chef du territoire, Jean Plouzennec : ce choix était naturel”, explique Robert Raynaud. Les deux chefs saluent un concours “rare par sa longévité”. “C’est un honneur de soutenir ces initiatives qui motivent les jeunes à bien manger, à connaître les produits et les producteurs. La cuisine est un beau métier et il faut donner envie d’y aller.” Présents aux côtés des enfants en cuisine, lors des rencontres avec les producteurs et à la remise des prix, ils s’impliquent pleinement dans l’accompagnement des candidats.
Transmettre une culture, construire des repères
Au-delà des gestes culinaires, l’événement transmet des valeurs structurantes : discipline, confiance en soi, esprit d’équipe, connaissance des produits. Les finales se tiennent au lycée hôtelier, dans un environnement professionnel, avec l’appui d’élèves-commis. “Cela leur donne une confiance énorme”, souligne Robert Raynaud, évoquant ces jeunes candidats parfois trop petits pour atteindre leur plan de travail sans marchepied.



Renforcer l’identité plutôt que l’attractivité
Pour le président du SYM PM, l’enjeu dépasse la seule visibilité. “Avant de parler d’attractivité, il faut travailler l’identité. Sensibiliser les enfants aujourd’hui, c’est former les ambassadeurs du bien-manger et de leur territoire demain.” L’ambition se projette déjà plus loin : pérenniser la dynamique, élargir les coopérations et, à terme, envisager des passerelles avec la Catalogne Sud. “Ceux qui ont grandi avec cette culture auront envie de poursuivre ce que nous avons construit depuis vingt ans.”












